Baisser sa facture d'électricité : ce qui marche vraiment, et dans quel ordre
Le chauffage pèse 66 % de la dépense. Un degré en moins vaut 7 %. Les gestes classés par impact réel, chiffres officiels à l'appui.

Les listes de « 50 gestes pour économiser l’énergie » ont un défaut : elles mettent sur le même plan débrancher son chargeur de téléphone et changer sa chaudière. Or les ordres de grandeur n’ont rien à voir — et le temps qu’on passe sur les petits gestes est du temps qu’on ne passe pas sur ceux qui comptent.
Voici les leviers classés par impact réel, avec les chiffres officiels correspondants.
D’abord comprendre où part l’énergie
Un seul poste écrase tous les autres.
Où part l'énergie dans un logement français
Répartition de la consommation énergétique des résidences principales, toutes énergies confondues (France métropolitaine).
Voir les données chiffrées
| Part de la consommation | |
|---|---|
| Chauffage | 66 % |
| Électricité spécifique (appareils, éclairage) | 17 % |
| Eau chaude sanitaire | 11 % |
| Cuisson | 6 % |
Source : ADEME et Service des données et études statistiques (SDES)
Le chauffage représente 66 % de la dépense énergétique d’un logement. Toute la hiérarchie des gestes découle de ce chiffre : un effort de 10 % sur le chauffage vaut mécaniquement plus qu’un effort de 50 % sur la cuisson.
Levier n° 1 — La température, et rien d’autre
C’est le geste le plus rentable, et il est gratuit.
Baisser la consigne d’un degré fait économiser en moyenne 7 % sur la facture de chauffage, selon l’ADEME. Sur un chauffage qui pèse les deux tiers de votre dépense, deux degrés en moins représentent donc environ 9 % de la facture totale — plus que tous les éco-gestes de la maison réunis.
Les températures recommandées, pièce par pièce :
| Pièce | Température recommandée |
|---|---|
| Pièces de vie occupées | 19 °C — 16 à 17 °C quand elles sont vides |
| Chambre | 17 °C la nuit et en journée si inoccupée |
| Chambre d’enfant | 17 °C la nuit, 19 °C si occupée en journée |
| Salle de bain | 22 °C pendant l’utilisation, 16 à 17 °C sinon |
Ces 19 °C ne sont d’ailleurs pas qu’une recommandation. Le code de l’énergie fixe une limite réglementaire de 19 °C en moyenne dans les logements, hors périodes d’inoccupation. Il s’agit d’une moyenne pondérée sur l’ensemble du logement, ce qui explique que la salle de bain à 22 °C ne soit pas en contradiction avec la règle.
Le même texte prévoit deux consignes d’absence : 16 °C si le logement est inoccupé de 24 à 48 heures, 8 °C au-delà.
Levier n° 2 — Les veilles, plus de 100 euros par an
C’est le seul geste « petit » dont l’ordre de grandeur justifie qu’on s’en occupe.
Selon l’ADEME, éteindre les veilles permet d’économiser jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 euros par an.
Le premier coupable est souvent la box internet : elle reste allumée en permanence et peut consommer plus de 200 kWh par an. L’éteindre la nuit économise environ 25 % de sa consommation.
Levier n° 3 — Les appareils, par ordre de gourmandise
Autant savoir ce qui pèse avant de traquer ce qui ne pèse pas. Consommations annuelles de référence publiées par l’ADEME :
| Appareil | Consommation annuelle |
|---|---|
| Chauffage électrique (maison) | 5 000 kWh |
| Ballon d’eau chaude électrique | 1 300 kWh |
| Chauffage électrique (appartement) | 1 000 kWh |
| Réfrigérateur combiné | 315 kWh |
| Congélateur | 300 kWh |
| Téléviseur | 155 kWh |
| Lave-vaisselle | 150 kWh |
| Four électrique | 130 kWh |
| Éclairage | 105 kWh |
| Lave-linge | 85 kWh |
| Micro-ondes | 40 kWh |
| Ordinateur portable | 25 kWh |
La lecture est instructive : le lave-linge, souvent désigné comme un gouffre, consomme 85 kWh par an, soit une vingtaine d’euros. Le ballon d’eau chaude en consomme quinze fois plus. Si vous ne deviez optimiser qu’un appareil, ce ne serait pas celui auquel on pense.
Quelques gestes dont l’ADEME chiffre l’effet : le programme « Éco » du lave-vaisselle consomme jusqu’à 45 % de moins qu’un programme intensif ; un couvercle sur une casserole économise 25 % d’énergie ; chauffer l’eau de la bouilloire à 80 °C plutôt que 100 °C économise 25 % d’électricité.
Levier n° 4 — L’abonnement, qu’on paie même sans consommer
Personne n’y pense, et c’est pourtant de l’argent immobilisé. La part fixe de la facture se paie que vous consommiez ou non : au barème du 1er février 2026, un abonnement 9 kVA coûte environ 236 euros par an contre 188 euros en 6 kVA.
Beaucoup de foyers paient une puissance dimensionnée pour un chauffage électrique qu’ils n’ont plus, ou pour un équipement qu’ils n’ont jamais installé. Avec un compteur communicant, la réduction de puissance se fait à distance et n’est jamais facturée par le gestionnaire de réseau.
Un point où presque tous les sites se trompent
L’obligation d’installer un système de régulation automatique de la température fait l’objet d’une confusion générale, y compris sur des pages officielles.
Le décret de 2023 avait fixé l’échéance à 2027 pour tous les bâtiments. Un décret du 26 décembre 2025 a modifié ce calendrier. Le texte en vigueur prévoit désormais :
- 1er janvier 2027 pour les constructions neuves ;
- 1er janvier 2030 pour tous les autres bâtiments, c’est-à-dire le parc existant.
Autrement dit, si votre logement existe déjà, vous avez jusqu’en 2030, et non 2027 comme l’écrivent encore de nombreux sites — y compris certaines pages de l’ADEME, non mises à jour. Cela ne veut pas dire qu’il faut attendre : la régulation sert précisément à obtenir la baisse de consigne dont l’effet est chiffré à 7 % par degré.
Le chèque énergie, si vous y avez droit
Le dispositif existe toujours en 2026, et il est automatique pour les foyers identifiés : aucune démarche à faire.
Le montant va de 48 à 277 euros selon les revenus et la composition du foyer, pour une moyenne de 153 euros. Le plafond d’éligibilité est un revenu fiscal de référence inférieur à 11 000 euros par unité de consommation — une unité pour la première personne du foyer, 0,5 pour la deuxième, 0,3 par personne supplémentaire.
La campagne 2026 a démarré le 1er avril, avec 3,8 millions de foyers servis en avril et 700 000 de plus à partir du 1er mai. Si vous pensez y avoir droit sans l’avoir reçu, un guichet de réclamation reste ouvert jusqu’au 31 décembre 2026.
Attention à un changement : depuis février 2025, le chèque énergie ne peut plus servir à financer des travaux de rénovation. Il ne règle que des factures d’énergie et certaines charges. Sa validité court jusqu’au 31 mars de l’année suivante.
Et le fournisseur, en dernier
C’est le levier le plus rapide, mais il n’agit que sur le prix, pas sur la consommation — d’où sa place en fin de liste plutôt qu’en tête.
Ce que dit le médiateur national de l’énergie, autorité publique indépendante : changer de fournisseur est gratuit, aucun frais ne peut être réclamé à ce titre ; il n’y a aucune coupure ; aucune démarche de résiliation n’est à faire, l’ancien contrat s’arrête automatiquement ; il n’existe ni engagement de durée, ni limite au nombre de changements.
En cas de démarchage téléphonique ou à domicile, vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours, sans justification ni pénalité. C’est utile à savoir : c’est précisément par ce canal que se concluent les contrats les moins avantageux.
Le médiateur met à disposition un comparateur public, gratuit et indépendant. Pour une comparaison directement rapportée à votre consommation, faire le point sur les offres du marché donne le même type de réponse en quelques minutes.
L’ordre dans lequel s’y prendre
Un : régler la température et les consignes d’absence. Gratuit, immédiat, c’est le plus gros gisement.
Deux : traquer les veilles, à commencer par la box. Plus de 100 euros par an.
Trois : vérifier la puissance souscrite. Une seule démarche, un gain annuel permanent.
Quatre : comparer les offres de fournisseur.
Cinq, seulement ensuite, les éco-gestes du quotidien. Ils comptent, mais ils ne compensent jamais un logement chauffé à 22 °C.
Sources
- Les bons gestes pour un chauffage plus économique — ADEME — consulté le 2 août 2026
- 20 solutions pour réduire sa consommation d'électricité — ADEME — consulté le 2 août 2026
- Quels sont les appareils qui consomment le plus d'électricité ? — ADEME — consulté le 2 août 2026
- Code de l'énergie, articles R241-25 à R241-29-1 — limitation de la température de chauffage — consulté le 2 août 2026
- Décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 modifiant les dates d'application des obligations de régulation de la température — consulté le 2 août 2026
- Arrêté du 31 juillet 2025 fixant les critères d'éligibilité au chèque énergie — consulté le 2 août 2026
- Comment bénéficier du chèque énergie en 2026 ? — Service-Public — consulté le 2 août 2026
- Je souhaite changer de fournisseur d'électricité ou de gaz naturel ? — Médiateur national de l'énergie — consulté le 2 août 2026
Certains liens de cet article mènent à des services de mise en relation opérés par Visibilitie, éditeur du Le Consommateur Averti — c'est ce qui finance la rédaction. Cela ne change ni le contenu, ni les chiffres cités, tous sourcés ci-dessus.